Le mont Athos (en grec Άγιοv- Όρος « Sainte Montagne ») est une péninsule montagneuse de Grèce (Macédoine centrale) située à l’est de la Chalcidique. Il est célèbre pour les vingt monastères orthodoxes qui y sont établis depuis le Xe siècle. Environ 3 000 moines y vivent actuellement.

La « Sainte Montagne » est un nome de la République de Grèce qui jouit d’un statut particulier : c’est la République monastique du mont Athos dont le territoire est réparti entre vingt monastères en titre formant une communauté théocratique autonome confirmée en droit international par le traité de Lausanne en 1923. Tous les autres établissements monastiques (communautés cénobitiques, villages appelés skites, kellia ou maisons, ermitages) sont sous la dépendance de l’un de ces vingt monastères. Les moines qui habitent la Sainte-Montagne sont appelés Athonites ou Hagiorites. Ils ne dépendent pas de l’Église de Grèce, mais du Patriarcat œcuménique de Constantinople. L’Athos a une vocation universelle, des moines de diverses nationalités se côtoient : russes, grecs, roumains et arabes ; mais aussi américains, français ou encore chinois.

Autre particularité spécifique: la loi de « l’avaton » interdit l’accès des femmes à la Sainte-Montagne. La Tradition rapporte que la Mère de Dieu et Saint Jean l’évangéliste, lors d’un voyage vers Chypre, furent forcés par une mer houleuse de chercher refuge sur cette presqu’île. La Sainte Vierge, admirant la beauté sauvage du lieu, demanda à son Fils et son Dieu de lui donner la montagne en présent. Alors la voix du Seigneur se fit entendre : « Que cet endroit soit ton jardin et ton paradis, ainsi qu’un havre de salut pour ceux qui cherchent à être sauvés ». Depuis lors, le mont Athos est considéré comme le « Jardin de la Mère de Dieu», interdisant ainsi à toute autre femme d’y entrer.

« Alléluia ! Louez le Seigneur du haut des cieux,

louez-le dans les hauteurs. »

 

Psaume 148

C’est à partir du IVe siècle que des moines ermites se seraient installés sur la péninsule. Du moins, trouve-t-on un jalon plus assuré au VIIe siècle. C’est à cette période que l’empereur Constantin IV donna le territoire de l’Athos aux moines qui s’y étaient fixés. On y menait alors une vie érémitique dans des grottes ou aux abords de la mer. Nulle trace de vie communautaire. La persécution iconoclaste n’atteignit pas la péninsule ; ce ne fut cependant pas le cas au moment de l’expansion de l’Islam, lorsque les incursions arabes vinrent troubler la quiétude des anachorètes. Les empereurs de la dynastie macédonienne assurèrent la protection de ces derniers et contribuèrent à assurer l’avenir de la péninsule. Saint Athanase l’Athonite fonda le monastère de la Grande Lavra en 963. L’empereur Jean Ier Tzimiskès le dota d’une première charte en 971 ; depuis lors, le mont Athos est reconnu à titre de république monastique indépendante.

Le premier Typikon réglementant l’organisation de la vie monastique sur l’Athos fut élaboré en 972. Aujourd’hui, le mont Athos reste le conservatoire vivant des traditions byzantines telles que l’art, la liturgie, le chant et la peinture d’icônes. Il est le gardien de la Tradition orthodoxe et de son expérience spirituelle vivante.

Après des périodes de déclin, le mont Athos retrouve aujourd’hui tout son éclat. Cette rénovation extérieure qui a commencé dans les années 1970, que nous pouvons y constater n’est que le reflet d’un renouveau spirituel intense, fruit de l’ascèse et du combat spirituel de plusieurs Anciens (Geronda en grec), Pères spirituels expérimentés qui ont su garder et transmettre inaltéré le dépôt de la foi, tel l’Ancien Joseph l’Hésychaste dont les disciples sont directement ou indirectement liés au renouveau de nombreux monastères athonites.

Le rayonnement du monachisme athonite a toujours dépassé ses propres frontières, et aujourd’hui comme hier, de nombreux monastères situés hors de la Sainte-Montagne, jusqu’en Occident, vivent de sa tradition spirituelle.